La sécurité alimentaire au G8 et au G20 : un peu d'argent et pas beaucoup d'idées
1. Les récents sommets internationaux ont traité de la question de la sécurité alimentaire. Vous trouverez en pièces jointes chacun des paragraphes qui concernent cette question.
- Paragraphe 16 de la
déclaration finale du G8 de Muskoka (Canada) 25 26 juin 2010 (
lire le document : cliquer ici);
- Paragraphe 34 de la
déclaration du sommet G20 à Toronto (Canada) 26 27 juin 2010 (
lire le document : cliquer ici).
Je vous en conseille la lecture. Les textes sont courts, très court pour le G20 - 8 lignes - ; un peu plus long – 27 lignes – pour le G8, dans des documents de, respectivement, 10 pages et 14 pages hors annexes. En tout cas,
le sujet reste dans les ordres du jour.
2. Le texte du
G8 indique que 6,5 milliards de dollars US ont été « déboursés/attribués » (« disburse/allocate » dans la version anglaise). L'ambiguïté de la formulation est savoureuse. Les rédacteurs se sont-ils rendu compte qu'ils alimentaient nos doutes ? C'est justement sur ce point que nous voudrions avoir plus de précision. Et savoir comment et à quel moment ces milliards « déboursés/attribués » vont arriver, enfin, aux paysans.
La déclaration confirme l'engagement de 22 milliards pour trois ans, fonds mobilisés en application de l'Initiative de L'Aquila pour la Sécurité Alimentaire (IASA), devenue la référence. Mais pour quoi faire ? Mystère !
3. Les textes rappellent les initiatives diplomatiques, notamment la réforme du Comité de la Sécurité Alimentaire abritée par la FAO, le Partenariat mondial promu par la France et le Programme Mondial pour l'Agriculture et la Sécurité Alimentaire piloté par la Banque Mondiale et financé, entre autres, par les américains.
On peine à penser que la cohérence d'ensemble sera améliorée. On sent bien qu'il y a plusieurs dynamiques parallèles et que les négociateurs les juxtaposent pour faire plaisir à tout le monde en attendant que ça se décante. Mais qui gagnera à ce jeu là ? Sans doute ni les agriculteurs, ni ceux qui souffrent de la faim.
4. Les principales questions demeurent. Ces déclarations n'éclairent en rien l'essentiel. Quel le sens de ces programmes ? Quelle est la stratégie ?
Quelles sont les orientations des nouvelles politiques agricoles ? Y en a t il d'ailleurs ? Où se trouve la réflexion conceptuelle ? D'où viennent les idées nouvelles, les innovations ? Comment les acteurs tels que les professionnels agricoles ou leurs partenaires, les fondations et les think tank par exemple, le secteur privé , des ONG aussi, sont associés à ces réflexions si tant est qu'elles existent quelque part ? Peut-on espérer qu'une nouvelle approche permettant un développement économique des filières vivrières sorte de tout ça ?